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Pour se faire mieux connaître, le bio, dont le développement semble actuellement se tasser, s’affichait le 12 aout 2004 à Mûr-de-Bretagne (Côtes-d’Armor), dans l‘une des plus grandes foires biologiques de France.

Alimentation, boissons – dont vins et champagnes -, habillement, hygiène, habitat, énergies: sous le thème de « l’argent, nerf de l’échange », plus de 200 exposants, venus de toute la France, ont démontré que « la vie en bio » est possible mais que son parcours reste semé d’embûches.

Le premier obstacle auquel se heurte le développement du bio est son coût. « Mais le coût du bio est juste car il n’y a pas de coût complémentaire externalisé« , assure Jean-Pierre Le Mouel, le président de la 19e édition du salon Biozone.

« De son côté, l’agriculture conventionnelle, explique-t-il, bénéficie au départ de subventions qui lui permettent de réduire ses coûts de production. De plus, ses prix de vente ne prennent pas en compte les conséquences de son mode de production dont le surcoût est assumé par la collectivité, qu’il s’agisse de la dénitrification de l’eau, du ramassage des algues vertes sur les côtes ou des pathologies induites par la production industrielle ».

« Si l’on prend en compte tous ces coûts induits, le bio n’est certainement pas plus cher que la production traditionnelle« , estime M. Le Mouel.

« Il nous faut sortir un peu des actes d’achat compulsifs, pour en arriver à des actes d’achat plus conscients: à travers nos achats, nous sommes, en amont, les créateurs des différentes formes de production qui nous alimentent et, en aval, les acteurs des pollutions qui sévissent sur cette planète », explique-t-il.

Séduisant, le discours a pourtant du mal à élargir le cercle de ses adhérents, tant en production qu’en consommation. « Il y a une stagnation du développement des producteurs et de la consommation », constate Jean-François Moal, coordonnateur du Groupement des agriculteurs bio dans les Côtes-d’Armor (GAB 22).

« Les producteurs bio souffrent aussi de la crise générale que traverse l’agriculture« , relativise-t-il.

Pour Yann Yobé, président du GAB 22 et producteur de lait, le gros problème réside dans le manque de moyens pour promouvoir le bio: « On ne fait pas le poids face à la publicité« , déplore-t-il.

« La grande distribution utilise le bio comme produit d’appel, c’est tout. Elle préférerait ne pas en avoir. Sur le fond, les grandes surfaces comme l’industrie agroalimentaire ne veulent pas en faire car le bio remet en cause la qualité de leurs propres produits« , estime M. Yobé.

Manque de moyens, mais aussi manque de volonté politique, considère Jean-François Moal. « En Italie, 10% des surfaces cultivées le sont en bio. Et cela parce que les régions ont développé des programmes alimentaires bio pour les cantines scolaires. Ca a favorisé énormément le développement de la filière ».

« Ici, constate-t-il, le bio représente un surcoût que le chef d’établissement ne veut pas faire assumer aux parents«  et les cantines bio se comptent presque sur les doigts de la main.

« Déjà au niveau de la région, si on mettait moins d’argent pour l’agriculture conventionnelle, il y en aurait plus pour le bio« , assure Yann Yobé. « Même l’argent pour améliorer l’eau, dont la mauvaise qualité est le résultat d’une agriculture intensive, va aux chambres d’agriculture qui n’ont cessé de promouvoir ce type d’agriculture », conclut-il, un brin amer.