Le Guide Pratique des Cantines Durables !
14 mai 2014
OMS
12 avril 2015

Nous avons recu debut juin un message de Sandrine, bio-agricultrice – Elle nous raconte son histoire très touchante et on eu a envie de l’aider. Il s’agit encore une fois effectivement d’un combat déloyal – A nous d’attirer le soutien de nombreuses personnes !

  • Déjà dans un premier temps, nous publions son témoignage sur bio64.
  • En parallèle on déclenche des signatures via une pétition en ligne sur Avaaz (3.4 millions de français inscrits)
  • On « arrose » sur facebook via des relais locaux
  • Et on contacte des medias locaux : SO, La semaine du PB, France3 Aquitaine, TV LANDES et TVPI

De toute façon, il n’y a pas de secret, Sandrine est trop isolée alors il faut médiatiser au maximum son affaire. Nous comptons sur tout le monde pour relayer son histoire au maximum.

Bonjour,

Je m’appelle Sandrine TACHOIRES et je suis paysanne, installée en tant que JA en AB depuis 2009.
J’ai créé, avec mon concubin et l’aide de quelques amis solidaires, un verger de 5Ha de pommiers/poiriers sur la commune de Labatut (40), au cœur du maïs Roi et des kiwis (aujourd’hui en perdition…), mais sur des terres en friches qui ont autrefois portées les fameux vergers de Chalosse.
Et tout ça en Bio…
Plus qu’un challenge dans le Royaume de Monsento (basé à Peyrehorade…), le retour à la pomiculture, et de surcroit au naturel, se révèle être plutôt un véritable défi. Mais, la force et la sincérité de notre conviction en ce mode de culture et le soutien inconditionnel de futurs clients et amis acquis à la cause (AMAP, marchés locaux, particuliers, …) nous ont porté dans la mise en œuvre de notre projet.
Aujourd’hui, les arbres sont là, prometteurs…
Mais c’était sans compter sur la force des lobbies conventionnels… Car la « banques des agriculteurs », notre interlocuteur financier, profitant d’une maladresse comptable de la Chambre d’Agriculture lors de l’instruction de notre dossier d’installation, est en train de couler notre exploitation. Au grand bonheur des maïsiculteurs voisins qui louchent déjà sur nos terres…
Nous avons tout fait tout seul, mon ami et moi, et notre plus grande satisfaction aura été de faire partager notre passion et nos convictions avec les premiers clients qui auront eu le privilège de pouvoir venir goûter nos premiers fruits, sur place, sans risque de se voir empoisonner par des cochonneries chimiques.
Désolé de m’épancher ainsi sur votre site, mais je suis fatiguée et je trouve cet acharnement tellement injuste que j’ai besoin de le partager avec des gens qui me comprendront.
Merci de m’avoir lue,

Sandrine


Suite au message de Sandrine, nous avons reçu cette semaine un complément d’information que nous vous livrons ici.

Pour faire simple cependant, la maladresse comptable consiste à l’octroi de prêts non différés sur une installation en culture pérenne à mise en production décalée. C’est lors de mon stage comptable obligatoire (installation JA) que le formateur a levé le lièvre, surpris par le montage du dossier d’installation par la Chambre d’Agriculture et son acceptation par le Crédit Agricole en l’état.
Compte tenu de la spécificité de mon projet (installation complète en partant de zéro, sans production alternative, cas trop rarement géré, de leur aveu, même par les Chambres d’Agricultures qui manquent donc d’expérience), j’aurais du bénéficier de prêts décalés. Lorsque j’ai voulu demandé des précisions au Crédit Agricole, je me suis heurté à un mur de silence et c’est là que les ennuis ont commencé : blocage de la trésorerie, injonction à rembourser les annuités avec grosses pénalités. Mais, malgré le soutien de M. Jean-Marc BENQUET, référent MSA et secrétaire général FDSEA (oui je sais, mais c’est le seul qui m’ait tendu la main au début en réunissant tous les protagonistes pour tenter de trouver une conciliation…), de la Chambre d’Agriculture (dans ses petits souliers par rapport au montage du dossier…), de la Préfecture (qui m’offre l’opportunité de travailler à l’extérieur pour me permettre de faire vivre ma famille alors que le statut JA ne le permet pas dans ma situation) et de la DDTM (prête à valider la recréation des prêts avec différemment des prêts), je suis aujourd’hui dans l’impasse, ces organismes administratifs s’étant vertement fait remettre à leur place par le financier tout puissant…
J’ai d’ailleurs été condamnée (sans savoir que j’étais jugée !!!) par le Tribunal de Pau à rembourser mes dettes avec fortes pénalités mais, mon compagnon ayant quelques amis altruistes, un avocat (Maitre MALHERBE de Bayonne) a réussi à nous obtenir l’aide juridictionnelle et à faire appel in extremis. Nous en somme là aujourd’hui. Sans trésorerie, mon compagnon a investi toutes ses économies dans l’exploitation mais les ressources se tarissent (il ne peut pas travailler et être seul sur l’exploitation en même temps !) et nous avons 3 enfants…

Pour l’heure, j’entame un autre combat : un voisin de mes parcelles, violent « anti-Bio » et jaloux de mon acquisition foncière en 2008, vient de projeter du débroussaillant en périphérie de mes parcelles et sur quelques mètres à l’intérieur de certaines, mettant en péril mon agrément AB (menace de déclassement de parcelles…).
Je vais donc essayer de déposer plainte à la Gendarmerie cet après-midi. Je dis bien essayer car ce genre de péripétie est déjà arrivé à un ami producteur de céréales et kiwis Bio, et il lui a fallut littéralement se battre avec les Gendarmes pour faire enregistrer sa plainte. Cette nouvelle épreuve « me souvient » déjà comme on dit ici…

Au-delà des épreuves, c’est le sentiment d’être seuls face aux Grands qui est le plus lourd à porter, malgré le soutien moral de proches et de convaincus comme nous.

Mais les producteurs Bio sont encore bien anonymes dans notre région et se heurtent au corporatisme conventionnel bien installé et surtout très puissant (Monsento, Euralis, Scap, …). J’ai bien tenté des appels au secours auprès d’associations spécialisés, comme Solidarité Paysans, vivement interpellée à l’évocation de notre histoire, mais, à part l’encaissement de notre cotisation, il n’y a pas eu d’écho au dossier que nous sommes allés défendre en leurs locaux, malgré relances. Pour la médiatisation, ce n’est possible qu’appuyer par des gens influent car le Bio « dérange » ici et, individuellement, aucune chance de se faire entendre.
Une petite fenêtre d’espoir s’est cependant ouverte il y a quelques temps avec la rencontre de membre de l’APQV, l’Association Pour la Qualité de Vie basée à Salies de Béarn. Ce regroupement de gens motivés qui ont des moyens, financiers et relationnels (travaillent avec la SEPANSO), ont également été émus par notre histoire. Mais ils viennent d’entamer un autre combat contre la multiplication d’installation de petites porcheries conventionnelles dans des sites jusque-là préservée de l’arrière Béarn et n’ont malheureusement plus de temps à nous consacrer…
Mais mon compagnon est comme vous convaincu que la médiatisation pourrait nous redonner espoir et nous permettre de trouver une issue à notre impasse. Car ni lui, ni moi ne sommes apte à mener de front de tels combats. On aspire à pérenniser du moins mal possible notre projet. Nous savons partager notre passion, mais nous ne savons pas nous défendre, ni solliciter l’aide voulu de peur de déranger et peut-être par honte…

J’ai essayé de faire simple, mais rien n’est simple…

Merci pour votre soutien,

A bientôt,

Sandrine TACHOIRES


Dernier message de Sandrine en date du 20 juillet 2014 – Pas de bonnes nouvelles !

Bonjour,

et mille merci pour votre sollicitude, ça fait chaud au cœur !

En fait, j’ai reçu vendredi dernier copie de la décision de la Cour d’Appel pour mon affaire contre le Crédit Agricole. Je perds sur toute la ligne et doit rembourser la totalité des prêts avec pénalités au plus vite. Et je n’arrive bizarrement pas à joindre mon avocat…

Mais dès samedi, à l’initiative de l’APQV, j’ai pu rencontrer sur le marché Bio de Burgaronne des personnes susceptibles de m’aider au moins dans l’impulsion à donner à une éventuelle mise en œuvre d’un système de souscription et/ou de parrainage d’arbre(s) ! J’ai fait la connaissance de Lilas CARITE, organisatrice du dernier salon ASPHODELE et dont le compagnon, fils des créateurs du salon, m’indiquait que des projets de ce genre avaient été portés par cette institution auprès de vignerons il y a quelques années. J’ai également échangé avec Michel RODES, président de la SEPANSO, ému par notre histoire et qui travail étroitement avec l’APQV sur le dossier des porcheries…

Enfin, j’ai établi un premier contact avec une responsable régionale de Terre de Liens à qui je dois fournir un récapitulatif détaillé de mon « aventure » pour préciser un schéma d’intervention éventuel.

Mais ce ne sont que quelques pistes à développer ou à creuser urgemment, car le temps m’est compté.
Du coup, après mon travail à l’usine pour faire manger mes enfants, je passe mon temps à contacter des associations de soutien aux agriculteurs en difficulté mais, encore une fois, si je sais partager ma passion et valoriser mon activité, je ne sais pas solliciter ce type de soutien, ni demander de l’aide tout simplement.

Je suis aujourd’hui dans l’angoisse de voir débarquer un huissier ou même des gendarmes et j’ai très peur car je n’ai jamais connu ce genre de situation.

Encore merci,

Sandrine TACHOIRES